Désir de métier à impact
Issus d’un milieu champêtre, la diversité de la nature m’a toujours fasciné. C’est le film Demain qui m’a inspiré à proposer une solution aux défis structurels auxquels nous faisons face.

J’ai alors exploré le milieu du bio, de la production à la distribution des légumes, rebondi sur la permaculture, les jardins nourriciers et tout ce qui touche aux soins naturels du jardin.
C’est en découvrant ce système d’association de la faune et la flore que j’ai vraiment été émerveillé par tout le bon sens de la nature. La biodiversité régule les ravageurs et maladies, la microfaune du sol nourrit les plantes, le tout agrémenté d’un spectacle fleuri toute l’année.
Cette méthode de travail apporte la satisfaction grisante de produire sa propre nourriture naturellement, et de le faire en créant un cycle vertueux pour la biodiversité.
De plus, découvrir ce contact avec la terre, le bon sens qu’elle propose et la multitude de solutions qu’elle offre a été profondément thérapeutique pour moi.
C'est de là que vient le nom "Le Potagiste" - raccourci de paysagISTE du POTAGer. Malheureusement, le conseil et le maintient de potager ne suffit pas pour éduquer à la biodiversité. L'urgence est telle qu'il faut s'occuper de la faune avant de se préoccuper de la production écologique et familiale de légumes. Même si je reste persuadé que quelqu'un qui gère son potager réalisera d'autant plus l'importance de défendre la biodiversité - pour notre productivité alimentaire - pour sa beauté simple - pour défendre notre Culture car l'environnement fait partie de notre Patrimoine (arbre trogné, haie plessée et champêtre, ... ).
Jardin esthétique et accueillant, incompatible ?
D'un autre côté, la pression alarmante sur la biodiversité due à l'urbanisation, la bétonisation et le "controlisme" absolu que l'humain veut sur son jardin m'a interpellé. Je remets donc constamment en question les pratiques, outils et les usages du jardin, du jardinier et plus largement du concept de jardin.
A l'heure actuelle, la majorité des jardins reste tristement une étendue de gazon, avec ça et là quelques plantes décoratives, rarement favorable à la faune (plantes stériles, exotiques, horticole, ...)
Il est capital de différencier gestion naturelle avec aucune gestion : cela est utile dans une forêt primaire ou une réserve naturelle, contre-productif sur un terrain ayant été ultra humanisé puis laissé "à l'abandon". Oui la Nature équilibre les choses, mais pour atteindre cet équilibre, il faut une faune qui n'est plus là ... On doit donc se substituer à celle-ci.
Mais il est surtout absolument nécessaire de ne pas exercer un contrôle absolu sur nos espaces verts. Des tas de branchage, pierre, des mottes de terres, des branches mortes, ... sont autant d'abris et de garde-manger pour la petite faune. Qui nous le rend en contrôlant les ravageurs (limaces, pucerons, ...) contre qui l'industrie nous vend et vente une infinité de solutions chimiques inutiles, chères, contre-productive et empoisonnant nos sols et rivières.
Mission
Faire découvrir cette passion productive, thérapeutique et écologique et la rendre accessible à tous.
Sensibiliser à la biodiversité et à l'importance du Vivant par une naturalisation des jardins.
Inspirer à une gestion fleurie et diversifiée des espaces verts, surtout quand il s'agit juste de gazon sur lequel personne ne va jamais. Le long des voiries, des bureaux, magasins etc...
Promesse
Une nouvelle interprétation du potagiste: Comme un pote paysagiste qui vous conseille et soutient sur une gestion naturelle et esthétique de votre jardin.
Soutenir la biodiversité ne veut pas dire un jardin à l'abandon, on peut tout à faire équilibrer une gestion naturelle à un jardin beau accueillant et bien entretenu. Adapter les techniques d'esthétique au besoin de la faune en équilibrant son besoin de "chaos" avec notre envie de netteté est ma spécialité. Les bonnes plantes aux bons endroits et surtout une recherche de résilience du jardin pour éviter trop d'entretien (pour des raisons d'économies mais aussi pour éviter trop d'interventionnisme) permettent de créer un petit paradis pour les humain.e.s et la faune.
Refuser un héritage de contrôle
Mon objectif initial avec ma profession était de donner envie aux gens de produire leur propre nourriture de façon naturelle, et faire de leur jardin un espace d'abondance et de sécurité. Après plusieurs années sur le terrain, je ne peux que constater à quel point cet objectif est conditionné par un autre : la survie de notre biodiversité, en pleine extinction.
Les habitudes de jardinage dont nous avons hérité des dernières décennies, opposées à l'expérience acquises pendant les millénaires précédents, ont grandement participé au déclin d'une biodiversité dont dépend notre alimentation, et donc notre survie.
Moyens mis en oeuvre
La mare est le premier allié de la biodiversité: nous avons supprimé presque toutes les zones humides, enlevé les mares pour y mettre des piscines ou des terrasses en béton, résine ou bois exotiques. Une tonne de fausses informations tournent à ce sujet (par exemple mare=moustiques alors que c'est l'exact opposé). Libellules, oiseaux, pollinisateurs, chauve-souris, hérissons, tous ont besoin d'eau (surtout avec nos été de plus en plus sec). Une mare n'est pas une flaque d'eau, c'est un écosystème à mettre en place prudemment et avec les bonnes plantes et les bons gestes pour en faciliter l'entretien future et assurer l'impact positif (pas de pompes, pas de poissons).
Les haies sèches/tas de bois sont un véritable trésor pour la biodiversité: abri pour insecte et micro-faune : insectes, rongeurs utiles, bactraciens, troglodytes,... réserve de nourriture et moyen ultra-économique de valoriser les "déchets" verts. Laisser des troncs, branchages et feuilles. J'estime par exemple qu'une haie sèche bien installées dans un jardin me permet de réduire la facture de mon intervention de moitié voir plus, en fonction de la taille du chantier. En effet, l'évacuation des déchets demande soit remorque et mise en décharge (les remorques coutent cher, le dépot également ainsi que le temps de trajet) ou l'utilisation d'un broyeur dont l'entretien et l'acquisition sont très onéreux.
Plantations indigènes: choisir une majorité de plantes venant de nos régions assure que la faune trouvera toujours des réserves: la plupart des espèces animales et végétales ont évolués de concert.
Je reste très friand de certaines plantes décoratives, souvent exotiques, comme point focal d'attention, presque noyée dans la masse d'arbre, arbuste et vivaces (principalement) supportant la faune.
Les méthodes de taille ont un énorme impact également, que ce soit pour la faune ou pour vos plantes. Tailler au milieu des nidifications est évidemment un problème, mais surtout la résilience des plantes et arbre vient souvent de leur traitement, respectueux ou pas. Tout tailler une fois par an pour avoir des bouboules (topiaire) partout dans le jardin n'a aucun intérêt. Tailler le lierre avant l'hiver alors que c'est une des rares ressources nutritives et de protection du froid est par exemple une aberration. Différentes plantes se taillent à différentes périodes, pour assurer leur floraison, fructification et ainsi disponibilité pour les animaux.
Par exemple la trogne des arbres a de nombreux avantages: pratique culturelle premièrement, elle perdure un patrimoine millénaire. Surtout, elle permet de garder des arbres à une hauteur raisonnable évitant de grand frais d'élagage, produit plus vite et plus longtemps du bois de chauffage par exemple, crée de nombreuses cavités très intéressantes pour que la faune puisse s'installer et en plus crée des troncs et silhouettes originales et bien souvent superbes donnant une vraie personnalité à votre jardin.
La tonte différenciée est un outil aussi de diversification: ne pas tondre tout le gazon toute l'année a un impact important sur la petite faune. Laisser par exemple 1m non tondu devant vos haies participe énormément à la vie. Evitez de suivre les tendances des réseaux sociaux du genre "Au mois de mai tonte à l'arrêt" à l'aveugle: S'il est excellent de ne pas tondre en mai, il faut surtout ne pas tondre avant septembre si vous faites cela. Mieux vaut 1m² non tondu de tout l'été que 100m² qu'on laisse au mois de mai avant de tout tondre en juin. La raison est simple: les insectes vont venir se reproduire dans les hautes herbes en mai, mourir pour la plupart pensant avoir assuré leur succession. En juin, on tond et on broie alors tous les oeufs et larves ainsi que leur abri et garde manger du début de leur vie. On éradique ainsi toute une génération d'insectes, renforçant leur disparition. Comme toutes les tendances de greenwhasing, il faut les pratiquer en connaissance de cause.
Trame verte et bleue
Notre jardin est le premier endroit où avoir un impact direct et positif sur la biodiversité.
Des simples gestes pour de grands impacts.
Le constat est sans appel : par facilité, pour suivre la mode ou par hygiénisme, nous avons limité la diversité des plantes des jardins, planté des espèces exotiques inutiles à la faune (qui ne leur est pas adaptée), ramassé la moindre brindille ou feuille morte dans les jardins et sous bois, ... ce qui limite drastiquement les habitats possibles, première condition pour un environnement riche et résilient.
De plus, avec les robots "tontueuses" dernièrement arrivées dans beaucoup de foyers, nous accélérons, en plus de la perte d'habitat, la perte de nourriture : les robots tondent trop bas et trop régulièrement que pour que les fleurs puissent réapparaitre. Le gain de temps semble en être l'avantage majeur, alors que le simple fait de mulcher remplmit ddéjà cette fonction. La tonte rase détruit également la vie et la fertilité du sol.
Ma proposition est simple sur papier : adapter votre jardin pour qu'il vous plaise toujours tout en accueillant une faune (et flore) grandissante. Des techniques aisées et souvent économiques permettent de garder un jardin bien entretenus sans entraver la vie dans celui-ci.
La solution réside dans le refus de cet héritage de contrôle total de nos espaces verts des 50 dernières années, pour revenir à des pratiques paysannes sensées, perfectionnées depuis des centaines voire milliers d'années de vie en partenariat avec l'environnement.
Il s'agit de réaliser que le gazon, les haies en monoculture et les tailles versaillaises relèvent avant tout du signe de richesse, à cause des moyens que cela nécessite à entretenir (financiers ou humains), et d'une pensée de contrôle absolu sur le monde pour démontrer sa supériorité.
Je vous propose donc un changement culturel : remettre en question ces critères de beauté d'un jardin héritées d'une époque révolue, comme nous remettons en question les traditions et normes (beauté, éducation...) qui ne nous conviennent plus. Ce n'est pas "parce qu'on a toujours fait comme ça" que c'est mieux... Et dans ce cas, dites-vous que cela ne fait QUE 50 ANS qu'on a toujours fait comme ça.