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    Les faux amis du jardin accueillant

    Jardiner sans pesticides ne veut pas dire aider la biodiversitéTerreau et tourbe Géotextiles et bâchesLes produits "bio" et "naturels"Le plastique invisible : étiquettes, ligatures et outils du jardinierLaisser faire la nature

    Jardiner sans pesticides ne veut pas dire aider la biodiversité

    Je dois souvent décevoir des clients en leur expliquant à quel point leur gestes ont un impact négatif sur la biodiversité. 

    Il devient de plus en plus important pour moi que les gens qui pensent et veulent participer à la défense de la biodiversité ne soient pas mésinformés sur leur pratiques vu que leur objectif est d'avoir un impact positif.

    Je vais ici parler de manière assez extrémiste parce que l'industrie horticole est une machine à greenwashing, largement dominée par un productivisme capitaliste exacerbé refusant de prendre ses responsabilités pour corriger les erreurs passées et actuelles.

    Terreau et tourbe 

    Avant de vous perdre, je prendrai l'exemple du terreau, conseillé en pépinière pour toutes les plantations, même parfois comme amendement. Premièrement, si vous plantez de l'indigène, il faut bien réaliser qu'il est adapté à nos sols, qu'il soit lourd comme de l'argile ou sablonneux. Peut-être faudra-t-il amender la terre ou l'alléger mais peu de plantes nécessiteront d'être aussi bichonnée que pour avoir besoin de terreau. 

    Qu'il soit bio, bon marché ou de qualité horticole, la très grande majorité des terreaux utilise de la tourbe. Certaines compagnies la produisent de manière "durable" certes, mais la tourbe vient de nos zones humides que nous détruisons depuis des siècles, d'abord pour se chauffer puis pour planter des géraniums. Les zones humides sont un des écosystèmes les plus riches, les plus fragiles et malheureusement les plus rares qu'il nous reste. Nombre d'espèces sont absolument dépendantes des tourbières. 

    S'il est nécessaire d'ajouter du sol acide pour certaines plantes comme les bruyères (très utiles vu leur floraison hâtives et tardives) ou des plantes japonisantes, la très grande majorité des plantes n'en auront pas besoin. Pourtant, elles sont TOUTES vendues dans du terreau contenant de la tourbe. Dans des pots plastiques. 

    Il faut savoir que plus de la moitié des plantes produites finissent mortes après ou avant plantation. Et la majorité des fleurs vendues sont des annuelles nécessitant d'être replantées chaque année. Essayez d'imaginer par exemple, la quantité de pots plastiques et de tourbe utilisés uniquement pour la production des géraniums... ou des chrysanthèmes pour mettre sur les tombes à la Toussaint, alors que ce sont des plantes vivaces.

    Je suis donc désolé d'être annonceur de mauvaises nouvelles blessantes, mais si vous plantez 50 annuelles chaque année, que vous achetez vos plans de légumes dans des jardineries en pensant jardiner naturellement, votre impact est bien plus négatif que vous le pensez. Même sans utiliser des engrais (bio ou pas, chimiques ou pas, ils nécessitent d'énormes moyens à produire, comme la chaux par exemple...) 

    https://www.pole-tourbieres.org/wp-content/uploads/plaquetteterreauvf.pdf 

    Géotextiles et bâches

    Si les bâches plastiques ne sont évidemment pas écologiques, beaucoup pensent que le géotextile est un outil magique contre les mauvaises herbes et n'est que tissus. Les deux finissent par se désagréger en microplastiques et n'empêchement les mauvaises herbes que si on évite tout dépôt organique dessus, Y COMPRIS LE PAILLAGE. Si vous pailler au dessus de votre bâche, cela va juste créer une nouvelle couche d'humus dans lequel les adventices vont prospérer. Rien ne justifie d'enterrer du plastique juste pour ne pas entretenir un parterre pendant 2 ans, avant de devoir de nouveau le faire de toute façon. 

    Les bâches des serres vendues en jardinerie etc.,  avec les "renforts grillagés" dedans ont souvent une structure intéressante et solide mais les bâche finissent systématiquement pas se désagréger. Au lieu d'une bâche horticole solide et durable qu'on peut recycler quand elle se déchire, les bâches du commerces vont se désagréger entre chaque petit carrés, déversant dans votre potager une poussière de microplastique impossible à nettoyer. Le restant ne sera pas recyclé.  


    Les produits "bio" et "naturels"

    Ne vous fiez pas au terme... Les anti-limaces "bio" empoisonnent quand même les oiseaux, hérissons, musaraignes qui mangeraient une limaces en ayant mangé. En outre, les granulés attirent les limaces. Ils sont donc plus efficaces dans un pièges spécial à limaces duquel elles ne pourront s'enfuir et dans lequel aucun animal ne pourrait les manger. De plus, rien dans leur composition n'est positif pour le sol qui nourrit vos plantes.

    La lutte anti-pyrales du buis, malheureusement, la pyrale, amenée par l'homme chez nous, est impossible à combattre et les produits qu'on conseille, même soit disant écologique, vont empoisonner les bébés mésanges par exemple, qui sont les meilleures chasseurs de pyrales. Plus on s'obstine à vouloir les combattre, plus on blesse la faune sans venir au bout de la pyrale qui a un cycle de reproduction trop court et avec trop de buis encore partout sur notre territoire.

    La bouillie bordelaise: utilisable en bio certes, mais reste simplement du cuivre, un métal lourd, mauvais dans le sol et sur vos fruits... Reproduire ses propres tomates et les cultiver intelligemment supprime le besoin de cuivre et renforce vos plants. 

    Désherbant "Bio": Vinaigre/sel. Ils fonctionnent très bien, aussi bien que pour détruire la vie du sol, les plantes autours et polluer les nappes. Une pulvérisation manuelle précise des feuilles au "pschit" de cuisine est à prioriser sur une pulvérisation totale de la zone en question.

    La chaux, très utilisée pour combattre la mousse (qui n'est un problème que si on la considère comme tel), présentée comme un produit naturel, n'est, au même titre que le ciment, loin d'être neutre environnementalement lors de sa production. 

    https://www.youtube.com/watch?v=rF0aaRecQRo&list=PLAAji4oGMqbRFjlWx1dfu7cHV6lbn6AwD

    Le plastique invisible : étiquettes, ligatures et outils du jardinier

    Il est légitime de vouloir se rappeler ce qu'on a planté ou semé où. Surtout pour de chouettes plantes. Ou d'attacher ses tomates au tuteur, de redresser son rosier, ... Le soucis que j'ai avec ça, c'est que, même dans les jardins les plus propres, je retrouve sans cesse des bouts d'étiquettes ou de lien plastifié. Les liens déjà peuvent être mangé par erreur par les oiseaux le voyant comme un verre, et les étiquettes se désagrègent très vite en morceaux minuscule. Privilégiez des écriteaux en bois ou pierre, et des ligatures en rafia, tressage de jute ou cordage naturel. Le rafia restant le mieux pour les tomates. Vous pouvez les oublier, ils se décomposeront rapidement une fois au sol. 

    Les tuteurs sont parfois recouverts de plastiques pour rallonger leur espérance de vie mais sont souvent fragiles, pliants et leur recouvrement se désagrège également vite. Choisissez des tuteurs bambous classique, cher en magasin, gratuit chez un de vos voisins qui cherche à se débarrasser de son bambou envahissant.

    Le choix de vos outils a également un impact non négligeable. Certains peuvent se dire qu'avec un si petit jardin, ils s'en sortiront très bien avec une petite tondeuse du "pack fête des pères" offert avec 2 batterie et une "débroussailleuse". Ne vous trompez pas, ces tondeuses à 35€ seront irréparables à la moindre défaillance, vous feront perdre des heures à cause de leur faible puissance, les batteries mortes endéans les 2 ans (polluant plus que tous les efforts que vous pourriez faire tout en créant des emplois très précarisés dans les pays d'extraction minière ou dans les usines de fabrication). Une bonne tondeuse manuelle vous fera gagner du temps, permettra de tondre le dimanche si cela vous plait. 

    Enfin, et j'en suis coupable également, les débroussailleuses et coupes bordures utilisent du fil 100% plastique. "Rien ne se crée, rien ne se perd": ce fil ne disparait pas, il s'use en minuscule particule, créant de ce fait immédiatement du micro plastique directement dans votre jardin. 

    Le choix des outils peut être compliqué en fonction de votre terrain mais si vous êtes sensibles à votre impact environnemental, c'est vraiment un point qui mérite votre attention. Après plusieurs années à chercher les meilleures solutions, je dois dire que les outils venant de production locale, même manuels, finissent par être bien plus économiques, et même plus efficaces que les outils bas prix. Vous aurez par exemple plus de succès et moins de difficulté à tailler votre haie avec un bon sécateur/cisaille à haie qu'avec votre taille haie central parc par exemple.

    Laisser faire la nature

     Si mon objectif est toujours d'avoir des jardins résilients et autonomes, il faut avouer qu'on a généralement envie de garde un minimum de contrôle sur son jardin.

    Je récupère régulièrement des jardins dits "naturels" parce qu'on y a plus touché depuis quelques années. Mais non-intervention n'est pas synonyme de gestion naturelle.

    Nos sols et jardins ont été tellement dénaturé, artificialisé et surcontrôlé entre 1950 et nos jours qu'on ne peut juste laisser pousser et attendre que la nature reprenne ses droits. Dans un terrain vague, oui, mais dans un jardin, cela pose un nombre de problème. 

    Cercle vicieux : Premièrement, pour le gazon, on a appauvri, compacté et martyrisé le sol et la terre, que ce soit avec des produits soi-disant sanitaire ou une tonte si régulière qu'on tue tout ce qui voudrait y vivre. Les vers de terre n'ont rien à y faire, même les limaces y dépriment... Ce pourquoi elles se ruent sur la moindre salade que vous plantez. Et les oiseaux, sans refuges ou zone de chasse ou cueillette, désertent les jardins. Et donc ne remplissent pas leur rôle anti ravageurs. On a donc fait appel à des produits pour faire disparaître (momentanément) ces ravageurs. Ce faisant, avons fait fuir les oiseaux. Et donc les graines et fruits qu'ils sèment. Donc on se retrouve très souvent avec 3, peut-être 4 espèces végétale colonisant 90% du jardin, épuisant toutes les ressources (humaines et du sol). Cela n'est pas de la permaculture mais de l'abandon. Cette sur-représentation de certains végétaux va petit à petit créer d'importants déséquilibres dans la chimie du sol. Ces déséquilibres doivent être observés et pris en compte avant de reprendre le jardin comme si de rien était. Trop d'azote par exemple va vous donner un champ d'orties, ou des fruitiers qui font du bois mais pas de fruits. Ou des fruits véreux, petits malformés ou simplement pas bons.

    Ensuite, on aime se balader dans son jardin mais quand le ligneux, les épines et les hautes herbes vous dominent, vos petits outils ne vous permettent plus d'intervenir. Ou alors vous fatigue jusqu'à l'abandon. Vous entendrez souvent "laisser la nature faire". Oui, c'est une bonne idée de laisser des zones délaissées, c'est même mille fois mieux que du gazon-golf. Mais, si on doit venir à la pelleteuse une fois qu'on veut faire un barbecue, cela annihile complètement nos efforts. Ensuite, je pense aux voisins qui jugent parfois durement ... Si on a un jardin naturels mais "contrôlé" on peut attirer d'autres vers cette gestion naturelle de l'espace. Si vos voisins ont tous des ronces orties et liserons, personne ne va être intéressé. Mieux vaut un bel espace plein de vie, avec des abords "propres". Et tout d'un coup cela crée des conversations autour de la beauté de vos coquelicots, du fait que vous avez pleins de papillons chez vous et que le chant des mésanges est tellement agréable à l'heure de l'apéro.

    Enfin parce que laisser faire la nature... ne marche que quand la nature est invitée à la fête. Dans une réserve naturelle, les biches par exemple vont manger les jeunes pousses des arbres trop nombreux, les sangliers vont retourner des zones ainsi aérant la terre et permettant à de nouvelles graines de germer, les oiseaux et petits mammifères en grattant le sol et les graines vont éviter la prolifération des "envahissantes" tout en déplaçant les semences pour créer des massifs aléatoires. Sans cette vie déjà dans votre jardin, la nature ne s'équilibre pas. Vous n'aurez pas de cerfs dans votre jardin de 800m², pas de sangliers et surtout pas de diversité de graines dans la terre de remblais qui est sûrement dans vos jardins urbains. 

    Je vais donc en général faire une "reprise" de la forme originale du jardin, redonnez aux arbustes trop envahissant leur place afin de voir comment était le jardin à l'origine. Cette intervention est surtout importante à mes yeux pour redonner au client l'envie et la possibilité de l'entretenir lui-même, de se l'approprié, de le comprendre plutôt que se battre contre. On va alors après collaborer pour petit à petit introduire de nouvelles espèces, de nouveaux parterres ou redélimiter les zones (qu'on prête à la nature et qu'on garde par exemple pour que les enfants tapent la balle).

    De gros changements radical sur l'ensemble du jardin vous créera plus de problèmes, ou d'entretien dans le futur. Mieux vaut avancer petit pas, patiemment comme la Nature nous l'a enseigné. 


    Changer ses habitudes et aller à contre-courant du discours mainstream sur la gestion du jardin est un réel défi

    Je vous accompagne dans le processus, vous aide à reprendre le contrôle et trouver l'équilibre

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