L'eau - la trame bleue
Premier élément indispensable à la vie, l'eau a malheureusement été éradiquée de nos paysages, ce qui a eu un impact direct sur la résilience de notre environnement.
La réintroduire grâce à des points d'eau, même petits, aura un impact drastique sur la faune attirée dans votre jardin, qui viendra s'y abreuver et s'y nourrir. Les pollinisateurs, les oiseaux et les chauves-souris (pour ne citer qu'eux) vous remercieront !
Le végétal - la trame verte
Laissez pousser tout ce qui ne vous dérange pas, observez, et laissez faire la diversité. Apprenez à apprécier des fleurs en pagaille plutôt que la netteté absolue. Envie de mieux connaître les essences spontanées ? Utilisez Obsidentify ou toute autre application d'identification !
On a hérité de cet attrait pour le propre, le net des 30 glorieuses. Comme le pain blanc par exemple. Est-ce vraiment le meilleur pain? Regardez le nombre d'intolérents au gluten en explosion et dites-moi si la netteté est vraiment votre goût ou un edict social.
Diversifiez vos haies!!!! On vous conseille en pépinière de planter tous les 30 cm, une seule espèce. Si vous voulez cacher le vis à vis en hiver planter du Ligustrum, 1 tous les 50/80 cm et intégrez de la variété entre. Ils auront bien assez vite pousser, et au lieu d'un mur vert vous aurez l'impression que votre jardin est en pleine clairière. Quelques arbres comme des sorbier des oiseleurs ou des bourdaines et sureau et vous vous émerveillerez du bal des oiseaux au printemps. Un arbre majestueux pour se prélasser à l'ombre pendant les canicules, une bande de fleurs sauvages devant la haie, ou juste dans les coins et vous êtes sur la bonne voie.
Projets vergers, arbres et boisement
On a besoin d'arbre, surtout les remarquables de demain, pour l'ombre, le bois de chauffage et d'ouvrage. Si on veut sortir de notre dépendance au pétrole dans nos jardins, cela passe aussi par retourner vers des meubles, terrasses et structures en bois. Et en bois local, si on veut rester cohérent.
Il est possible de produire du bois d'oeuvre mais surtout du bois de chauffage, ou simplement ses copeaux de paillage, dans son jardin, même s'il n'est pas grand. Cela peut vous permettre de garder un minimum d'autonomie en cas de coup du sort. De plus, les arbres trognés sont un excellent support pour la vie tout en étant très facile d'entretien, ultra résilient et très esthétiques!
L'humain a depuis les années 50 suivi une politique de contrôle absolu sur ses espaces. Même en forêt, on évacue le bois mort. Les habitudes nous disent de tout tailler à l'automne, évacuer toutes les feuilles, avoir un sol plat, net, mort.
Il est important d'oublier ces habitudes fastidieuses et des plus néfastes: Il faut laisser le jardin évoluer en fonction des saisons. Les tiges des vivaces mortes servent d'incubateurs ou d'abri aux larves en hiver. Les feuilles mortes nourrissent et protègent la micro faune et le sol des grands froids. Les champignons et bactéries qui décomposent les feuilles et branches mortes sont la base de la chaine alimentaire dont les oiseaux bénéficient. Leur déclin n'est qu'une conséquence immédiate du manque de nourriture accessible, ainsi que le manque d'abri.
Gardons les arbres morts, comme par exemple ces horribles tuyas que l'ancien propriétaire n'a pas taillé pendant 30 ans. Laissons le tronc debout. Du lierre le transformera en logement et couvert pour des dizaines d'espèces. Lorsqu'un arbre meurt, laissons le debout (si cela ne crée pas de danger), laissons le au sol s'il est mort (tout ou en partie), laissons les souches pour les petits rongeurs... C'est un des éléments les plus sous-évalués de notre impact. Dans une forêt primaire, c'est 30% du bois qui est mort. Et c'est la raison pour laquelle il y a autant d'espèces animales. Les arbres creux vont être un véritable complexe hôtelier.
Malheureusement on ne plus faire marche arrière. D'un autre côté, nos aïeuls ont développé des méthodes de gestion des arbres qui nous permettent de recréer ce type d'habitat relativement rapidement. Tout en nous fournissant du bois: les trognes (ou les cépées et le plessage).
Cette pratique consiste à tailler régulièrement (tous les 5 ou 10ans), les repousses à partir d'une hauteur définie. Cela peut paraître barbare envers l'arbre, mais cela le rajeunit en fait tellement qu'il perd virtuellement la possibilité de mourir. (Insérer lien articles). Le deuxième effet est que la succession de branches et de coupe crée un entrelacement idéal du tronc et départ de branches idéal pour les nids. Ce trognage peut se faire sur une grande variété d'arbre et à presque toutes les hauteurs. On a utilisé cette technique par exemple sur les saules pour du fourrage et de la vannerie, les hêtres charmes et chênes pour le bois de chauffage, de charpente, ... Les anglais ont trogné l'if pour leurs arcs. Et ces arbres vivent encore pour certains, plusieurs centaines d'années après.
J'ajouterai que c'est une méthode très économique pour avoir des arbres, cacher un vis à vis et abriter la faune à moindre prix d'entretien. Par exemple, on peut tailler un arbre tous les 5ans à 2m ou 2,5m de haut assez facilement sans avoir besoin d'un élagueur cher (à juste titre) pour venir l'élaguer lorsqu'il fait 15m. Et encore une fois, on fait du bois de chauffage. Ou du paillage pour le potager par exemple. J'encourage tous mes clients qui veulent pailler leurs parterre à avoir des saules qu'on taille pour le paillage chaque année par exemple.
Les prix du bois sont devenu tels qu'il est impossible de trouver du broyat gratuit disponible - le bois de chauffage ne va tarder à dépasser les 100€ la stère.
Après les arbres vivants et morts, il faut parler d'une autre forme du bois: le paillage/broyat/brf/copeaux. Cette forme permet d'empêcher durablement les adventices dans les parterres, sans les polluer avec du plastique (sous forme de bâche). L'intérêt est multiple: cela couvre le sol évitant trop d'adventice, nourrit votre sol et la vie qui l'habite, protège du froid et du soleil brûlant, évite l'érosion et la perte d'humidité. Cela réduit énormément la nécessité d'arroser, rend le sol tellement meuble que le désherbage et la plantation se font sans outils. Enfin, c'est nettement plus décoratif que des bâches. Et une fraction du prix des sacs de copeaux dont la provenance n'est pas transparente, coute en transport, en emballage, ... Alors qu'on peut en profiter sur place directement et stocker ce carbone directement dans le sol.
Le minéral
Le minéral fait partie intégrante de nos jardins depuis toujours. A l'origine, parce qu'il était là, une énorme pierre ne se déplaçait pas à l'époque. Les japonais en ont fait leur marque de fabrique (fun fact: parce qu'ils en avaient à volonté et qu'à force de se bagarrer ils avaient brulé presque tous les végétaux de leur voisins/tribus ennemies), les français et anglais les ont intégré sous forme de sculpture.
Le minéral qui nous intéresse, ou plutot qui intéresse la faune, est varié, de toutes les tailles et formes, en tas et si possible recouvert de feuilles en hiver, de mousses, ... C'est une zone de sécurité pour la micro faune et les bactraciens, cela couvre le sol et maintient des zones humides même en sécheresse